Par M. Hist - Musée d'histoire de Sherbrooke

Dès 1879, le Séminaire Saint-Charles-Borromée ouvre déjà ses portes à quelques curieux qui souhaitent consulter ses collections. Il ne s’agit pas encore d’un «musée» ouvert au grand public comme le sera éventuellement le Musée de la tour! (Photo Fonds Louis-Philippe Demers, Musée d’histoire de Sherbrooke)

Dès 1879, le Séminaire Saint-Charles-Borromée ouvre déjà ses portes à quelques curieux qui souhaitent consulter ses collections. Il ne s’agit pas encore d’un «musée» ouvert au grand public comme le sera éventuellement le Musée de la tour! (Photo Fonds Louis-Philippe Demers, Musée d’histoire de Sherbrooke)

Dès 1879, le Séminaire Saint-Charles-Borromée ouvre déjà ses portes à quelques curieux qui souhaitent consulter ses collections. (Photo Fonds Louis-Philippe Demers, Musée d’histoire de Sherbrooke)

Dès 1879, le Séminaire Saint-Charles-Borromée ouvre déjà ses portes à quelques curieux qui souhaitent consulter ses collections. (Photo Fonds Louis-Philippe Demers, Musée d’histoire de Sherbrooke)

Bonjour M. Hist,

Je me souviens d’être déjà allée visiter le musée du Séminaire de Sherbrooke il y a de nombreuses années. Le musée fermé, que sont devenues ces collections?

Hélène

Chère Hélène,

Il est bien normal que vous vous souveniez de ce musée. Il a tout de même été en activité pendant plus de 120 ans, après tout!

Pour certains, le nom Séminaire de Sherbrooke, connu pendant longtemps comme le Séminaire Saint-Charles-Borromée, rappelle des années de secondaires qu’il est parfois difficile d’oublier, pour le meilleur ou pour le pire. Pour d’autres, c’est davantage le souvenir d’une visite muséale qui leur revient en mémoire... Pour les plus jeunes qui n’ont pas connu cette face cachée de l’école, l’idée peut sembler farfelue et pourtant, le Séminaire de Sherbrooke était un lieu d’exposition, pourvu d’étonnantes collections.

Sur plusieurs étages, les vitrines et les étagères donnent à voir de nombreux spécimens végétaux et animaux, ainsi que des artéfacts historiques témoignant de l’histoire locale. Un véritable cabinet de curiosités! (Photo Collection du Musée d’histoire de Sherbrooke)

Sur plusieurs étages, les vitrines et les étagères donnent à voir de nombreux spécimens végétaux et animaux, ainsi que des artéfacts historiques témoignant de l’histoire locale. Un véritable cabinet de curiosités! (Photo Collection du Musée d’histoire de Sherbrooke)

Afin de nous concentrer sur la partie muséale, ne refaisons pas l’histoire complète de ce lieu d’enseignement créé en 1875 grâce à l’approbation du premier évêque de Sherbrooke, Monseigneur Antoine Racine. Rappelons quand même qu’un incendie dévaste le premier édifice en 1897 et le Séminaire est heureusement reconstruit entièrement en 1899. C’est avec cette reconstruction que le corps principal du bâtiment prendra des airs que l’on connaît aujourd’hui, y compris avec sa tour centrale.

À la suite de la reconstruction, le musée se trouve aux derniers étages de cette tour, ce qui lui vaut l’appellation populaire de «Musée de la tour».

L’incendie de 1897 n’endommagera que peu la collection du Musée du Séminaire: car oui, le Séminaire possède dès 1879 une collection de monnaies rares, fournies par le chanoine Charles-Joseph Roy. Ce sera le premier ensemble d’objets rendu accessible dans le contexte des installations muséales.

Plus d’une génération a fréquenté le Musée du Séminaire découvrant ossements, animaux et spécimens divers. (Photo Fonds La Tribune, Musée d’histoire de Sherbrooke)

Plus d’une génération a fréquenté le Musée du Séminaire découvrant ossements, animaux et spécimens divers. (Photo Fonds La Tribune, Musée d’histoire de Sherbrooke)

Quels trésors pouvaient recéler les collections? Les détails de chaque pièce prendraient du temps à énumérer, mais sachez que les collections du Séminaire étaient assez variées. D’abord axées sur les monnaies et les médailles, les collections sont rapidement bonifiées de divers spécimens liés aux sciences naturelles (animaux et insectes naturalisés, fossiles et minéraux variés, coquillages, essences forestières, etc.). À la fin des années 1960, on y retrouve également des pièces iconographiques, des artéfacts variés, des livres rares et des œuvres d’art. Dans les journaux, plusieurs articles sont publiés afin de motiver le public à faire des dons et ainsi enrichir leurs collections.

Héron empaillé, sabres, cristaux, coquillages… Le Musée du Séminaire s’illustrait par la variété de ses pièces, et constituait à la fois un musée d’histoire et de sciences naturelles. Ce dépliant publicitaire des années 1970 est, en lui-même, une petite pièce de musée! (Photo Collection du Musée d’histoire de Sherbrooke)

Héron empaillé, sabres, cristaux, coquillages… Le Musée du Séminaire s’illustrait par la variété de ses pièces, et constituait à la fois un musée d’histoire et de sciences naturelles. Ce dépliant publicitaire des années 1970 est, en lui-même, une petite pièce de musée! (Photo Collection du Musée d’histoire de Sherbrooke)

Lorsque l’on arrive dans les années 1980, il se pose un problème… de taille. En effet, la collection du musée ne cesse de grandir (c’est le lot de bien des musées!). Plusieurs idées émanent, on souhaite trouver de l’espace d’une manière ou d’une autre et la solution viendra… au tournant des années 2000.

À l’abandon durant une quinzaine d’années, l’ancienne usine Kayser reprend vie au début des années 2000. La collection «nature et sciences» du Musée de la tour trouve un nouveau lieu accessible au public. (Photo Fonds André Trahan, Musée d’histoire de Sherbrooke)

À l’abandon durant une quinzaine d’années, l’ancienne usine Kayser reprend vie au début des années 2000. La collection «nature et sciences» du Musée de la tour trouve un nouveau lieu accessible au public. (Photo Fonds André Trahan, Musée d’histoire de Sherbrooke)

Après 123 ans, le musée finit par léguer une grande partie de sa collection pour un tout nouvel espace dédié aux sciences naturelles, un espace situé juste en face sur la rue Frontenac. Oui, vous l’aurez reconnu: il s’agit bien du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke (MNS2)!

«Des canards et de la poussière»: The Record résume les enjeux qu’affronte le Musée dans les années 1980, alors que la place vient à manquer. (Photo The Record, 22 mars 1985)

«Des canards et de la poussière»: The Record résume les enjeux qu’affronte le Musée dans les années 1980, alors que la place vient à manquer. (Photo The Record, 22 mars 1985)

Justement, pour rester dans le thème historique, le nouveau musée ouvre, en 2002, dans les anciens locaux de l’usine Kayser: l’usine de bas et de sous-vêtements pour dames. L’édifice qui était resté à l’abandon depuis une quinzaine d’années trouve maintenant une fonction éducative et muséale.

Vous vous demandiez ce qu’il était advenu des objets de collection de l’exposition du Séminaire? La collection était tellement variée et riche qu’elle n’a pas pu être transférée entièrement au MNS2.

Les animaux, les oiseaux et les plantes, bref tout ce qui a trait aux sciences naturelles, composent maintenant une partie de la collection du Musée de la nature et des sciences.

Les éléments à connotation religieuse sont maintenant, en partie, au Centre d’archives Mgr Antoine-Racine. Certains fonds d’archives et collections ont été cédés à d’autres musées, notamment au Musée d'histoire de Sherbrooke. Les pièces de monnaie quant à elles ont été vendues à des particuliers, des musées et des collectionneurs.

Saluons le travail du chanoine Léon Marcotte, qui pendant des années a préservé de façon passionnée l’ensemble des collections du Séminaire. Si le Musée de la tour n’existe plus, sa passion est maintenant portée par d’autres musées et services d’archives, qui offrent au public la mémoire de notre patrimoine, et ce, au grand plaisir de notre histoire collective.

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    En 2002, une grande partie des collections du Musée du Séminaire est transférée vers le nouveau Musée de la nature et des sciences, de l’autre côté de la rue Frontenac. Ce déménagement offre des scènes des plus inusitées… (Photo Fonds La Tribune, Musée d’histoire de Sherbrooke)

    En 2002, une grande partie des collections du Musée du Séminaire est transférée vers le nouveau Musée de la nature et des sciences, de l’autre côté de la rue Frontenac. Ce déménagement offre des scènes des plus inusitées… (Photo Fonds La Tribune, Musée d’histoire de Sherbrooke)

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    Cynthia Beaulne, La Tribune

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