Celia Ong-Nehon Bikout
Polyvalente Le Carrefour
La mode éphémère: une parure de déshonneur
La mode éphémère, ou encore la mode jetable, est une industrie produisant des vêtements à petit prix, mais de qualité tout à fait médiocre. Bien qu’elle soit bonne pour le portefeuille, cette consommation cache un coût important. Cette industrie ajoute une pression sur l’environnement et l’économie.
Bien que cette mode soit accessible surtout en ligne, le renouvellement fugace de ses collections, au rythme des tendances du moment, laisse des traces polluantes dans notre environnement. En effet, des tonnes de vêtements sont jetées après tout juste quelques utilisations. En 2023, 344 tonnes de textiles auraient été éliminées au Québec, selon Recyc-Québec. N’est-ce pas inquiétant?
Il faut ajouter les émissions de gaz à effet de serre, en raison de la production rapide et du transport, qui représenteraient, selon l’ONU, environ 2 à 8 % des émissions mondiales, favorisant ainsi le phénomène du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers.
Gaspillage d’eau potable
Ainsi, la pollution continue des rivières par les teintures chimiques des usines est alarmante. Selon l’ONU, les entreprises du textile utilisent 215 000 milliards de litres d’eau, soit environ 57 fois la rivière Gatineau, ce qui diminue considérablement la quantité d’eau potable sur la planète.
Non seulement on détruit la planète, mais elle rend difficile la vie des gens. En effet, sur le plan social, des prix aussi bas reposent sur des ouvriers sous-payés dans des pays en développement qui travaillent dans des conditions absolument indignes et inhumaines.
La situation est d’autant plus problématique que certaines chaînes de production emploient de jeunes enfants. Cela contribue largement au maintien des disparités de richesse et des inégalités sociales au fil des générations.
Gouffre sans fin
Encore plus grave, cette mode, qui semble plus économique, est en réalité un gouffre sans fin de dépenses incommensurables pour les consommateurs, sans compter les effets sur les artisans locaux qui se voient obligés de disparaître faute de revenus suffisants.
En définitive, la mode éphémère est sans aucun doute une bombe à retardement pour la planète et pour la société. Bien qu’elle semble, à court terme, être moins chère, il n’en demeure pas moins qu’elle contribue à la destruction de la planète et à la disparition des mœurs, comme la réutilisation, pour laisser place à la consommation excessive.
Il apparait donc nécessaire de se tourner vers des solutions plus durables, comme l’artisanat local. Reste à savoir si, face à la destruction de notre foyer, nos sociétés garderont encore longtemps les yeux fermés, assises sur ce détonateur à retardement.

