Cassandre Harvey
Collège Saint-Alexandre

Le bannissement, un obstacle ou une avancée vers l’autonomie?

En mai 2025, une interdiction générale du téléphone cellulaire dans les écoles du Québec a été annoncée. La décision a été très controversée, mais maintenant qu’elle est en place, quelles en sont les réelles conséquences? D’après nous, les répercussions sont loin d’être celles qui étaient espérées.

En 2023, sous le ministère de l’éducation de Bernard Drainville, une interdiction du téléphone cellulaire en classe était déjà passée dans le but de limiter l’intimidation. Déjà difficile à mettre en place, elle s’est révélée presque impossible à imposer depuis son renforcement en 2025.

La supposée nécessité de cette mesure est largement contestée par les élèves, qui préfèrent souvent cacher leur cellulaire plutôt que de se conformer à la règle. L’argument principal du ministère était que l’arrêt de l’utilisation du téléphone cellulaire diminuerait la cyberintimidation. Cependant, nous croyons que la règle est plus un raccourci vers l’objectif qu’une vraie mesure qui aura un impact à long terme.

Un outil essentiel

En effet, le ministère semble faire abstraction du fait que la cyberintimidation a plutôt lieu après l’école. Aussi, au lieu de sensibiliser les élèves à cet enjeu et de leur apprendre à utiliser correctement leur téléphone, un outil devenu essentiel dans notre société, le gouvernement a choisi la solution facile, qui ne fait que reporter le problème à plus tard.

Ajoutez à tout cela le fait que certains élèves qui se rassemblaient autour des jeux vidéo ou qui connectaient grâce aux médias sociaux lors du dîner et des pauses se retrouvent maintenant sans leur (parfois unique) point commun, et vous avez une loi qui fait véritablement plus de mal que de bien.

Finalement, il est clair que le gouvernement cherche à faire passer un semblant de solution pour une vraie mesure qui aura un impact, et s’il en fait ainsi pour une loi sur le téléphone cellulaire, il en fera certainement autant pour d’autres enjeux. Nous croyons qu’il est primordial de se poser des questions et de parfois contester quand c’est nécessaire, pour ne pas laisser le gouvernement s’en sortir avec des demi-mesures.