Aurélie Larochelle
Collège Saint-Joseph de Hull

Vivons-nous dans un monde endormi?

Dernièrement, partout autour de moi, je ne vois que des dirigeants qui proposent des idées de grandeur et de gloire, axées sur la modernité, pendant que nous nous trouvons dans un monde près de basculer dans une nouvelle guerre mondiale. 

Je pense à toutes les infrastructures de base dont nous manquons et à toutes les personnes qui vivent dans les rues. L’itinérance est en augmentation dans notre province, nous manquons d’hôpitaux et beaucoup de ceux que nous utilisons ne sont pas pleinement fonctionnels. En plus, nous sommes en situation de déficit budgétaire.

Pourquoi les gouvernements et la mairie de Gatineau s’efforcent-ils de prioriser des projets d'envergure qui ne profiteraient qu’à une certaine partie de la population alors que nous peinons déjà à mener à bien de simples projets beaucoup plus essentiels?

Le gouvernement du Québec ne cesse de relancer le projet du troisième lien qui serait, selon lui, un projet capital pour le Québec. La vérité, c’est que ce projet coûterait une vraie fortune qui ne fait qu’augmenter après chaque étude ou analyse de l’objectif, alors que le projet n’est absolument pas indispensable. Il semble surtout s’agir d’un moyen pour la CAQ d’affirmer avoir construit une infrastructure qui sort du commun durant son mandat. 

Un hôpital d’abord

Ce gouvernement n’arrête pas de se concentrer sur cette fameuse idée, dont peu de citoyens tolèrent encore la mention et qui est dans la revue de fin d’année, « le Bye Bye », depuis plusieurs années, tant il est insensé. Pourtant, nous ne pouvons absolument pas nous permettre de financer un tel projet après toutes les désastreuses dépenses des dernières années et tous les problèmes non résolus. 

Par exemple, le nouvel hôpital promis, il y a environ dix ans, que nous n’avons jamais obtenu et dont nous avons cruellement besoin à Gatineau. Il serait temps de se concentrer sur nos priorités et de régler les problèmes qui perdurent dans notre province, plus particulièrement dans la ville de Gatineau. C’est pourquoi nous devons laisser de côté les idées de grandeur qui semblent alléchantes de prime abord, mais qui ne sont que des distractions qui nous éloignent de nos véritables objectifs, de ce dont nous avons réellement besoin. 

J’espère que le prochain gouvernement se concentrera davantage sur nos besoins primaires et que Gatineau sera davantage prise en compte, vu qu’elle est souvent négligée malgré le fait qu’elle est la quatrième plus grande ville de la province.

Le rêve du tramway

De plus, le gouvernement du Québec n’est pas le seul à prioriser des projets dont nous avons envie, qui semblent si incroyables, mais qui sont un peu similaires aux publicités qui créent des besoins. Telles ces images ou vidéos convaincantes qui, lorsque nous en entendons parler ou les voyons, nous donnent l’impression que ce qu’elles montrent est ce qui manquait à notre vie, que ce dont elles parlent est essentiel, qu'il nous le faut à tout prix. En réalité, ces projets ne sont qu’illusoires, dérisoires et trompeurs. Nous ne devons pas tomber dans leur piège! Le tramway que la Ville de Gatineau souhaite tant ne fait pas exception à ce concept. Qui ne voudrait pas de ce moyen de transport moderne et si beau juste mentionné dans un beau discours? 

Cependant, lorsqu’on parle du coût, des années de construction, de sa trajectoire, des routes qui vont être fermées pendant sa mise en œuvre, des personnes à qui il bénéficiera et de toutes les infrastructures plus importantes que nous attendons depuis longtemps, mais que nous n’avons toujours pas, cette idée semble beaucoup moins géniale. 

Des impacts directs

Pour l’année 2026, j’espère que les initiatives de nos dirigeants auront des impacts directs sur les problèmes majeurs auxquels nous faisons face tels que l’itinérance, le manque de ressources en santé, les infrastructures négligées, les routes abîmées, le coût élevé de la vie et l’étalement urbain intensif. J’ai espoir que nous mettrons de côté les projets idéalistes moins nécessaires pour le moment, que nous affronterons et vaincrons nos défis actuels afin de pouvoir avancer et améliorer la qualité de vie de la ville de Gatineau, ainsi que celle de la province de Québec. 

Bien évidemment, tous ces projets ne sont pas mauvais, bien au contraire, ils ne représentent seulement pas ce dont nous avons besoin dans l’immédiat. Nous devons donc agir de façon responsable en les écartant le temps de s’attaquer à tous les problèmes indésirables auxquels nous faisons face et que nous accumulons depuis un trop long moment. Il faut y mettre un terme maintenant!