Noémi Yokoyama
École secondaire des Lacs
L’utilisation du téléphone dans notre établissement scolaire: pour ou contre?
Dès le début de l’année, une nouvelle directive du ministère de l’Éducation a été mise en place. Elle interdit l’usage des cellulaires et des appareils mobiles sur le terrain scolaire. Selon le ministre de l’Éducation, cette intervention a pour but de créer un cadre favorable à l’apprentissage, à la concentration et au développement des compétences sociales.
Par ailleurs et pour de nombreux élèves, les téléphones cellulaires sont un outil d’apprentissage moderne. Pour avoir le fin mot à propos de ce dilemme et dans le but de connaître ce qu’en pensent les membres de notre communauté de l’école secondaire des Lacs, nous avons réalisé plusieurs entretiens pour relever les opinions des uns et des autres sur l’interdiction des appareils électroniques.
Loriane Rouleau
Secondaire 5
Selon moi, les nouvelles règlementations sur les appareils électroniques sont justifiables, mais mal justifiées. De ce que j’ai compris, l’argument principal à l’instauration de cette règle était de se débarrasser d’un élément perturbateur pour permettre aux élèves d’être plus attentifs et d’éviter la tricherie. Cet argument fait fureur parmi les générations qui n’avaient pas de téléphones intelligents durant leur parcours scolaire, mais elles semblent oublier qu’elles aussi trouvaient des distractions durant leurs cours et des façons de tricher. Les Post-its pour « gossip » avec leurs amis, les antisèches physiques pour tricher pendant les examens ou alors les compétitions de lançage de crayons au plafond. Le problème n’a jamais été les téléphones, mais le fait que les élèves sont des jeunes dans leurs dernières années d’enfance.
Adrien Leblanc Legros
Président du parlement des élèves de l’école secondaire des Lacs
Je ne suis pas d’accord avec la nouvelle loi qui interdit les téléphones à l’école au Québec. Oui, c’est vrai que ça peut distraire, mais je trouve la règle trop sévère. Les téléphones peuvent aussi servir à apprendre, à parler avec les autres ou à rester en sécurité. À mon avis, au lieu de tout interdire, on devrait plutôt apprendre aux élèves à s’en servir de façon responsable. En plus, aujourd’hui, la technologie fait partie de la vie de tout le monde. C’est important de savoir bien l’utiliser, surtout pour nous les jeunes.
Julie Harvey
Enseignante
Pour être totalement honnête, j’avais de nombreuses appréhensions face à l’arrivée de cette nouvelle règle. À ma grande surprise, cela se passe généralement bien. Les élèves socialisent plus et très peu d’interventions ont été faites quant à l’utilisation des appareils. Je pense qu’ils ont trouvé cela difficile au début, mais maintenant, plusieurs en voient les bénéfices.
Il n’en demeure pas moins qu’il y aura toujours des jeunes plus réfractaires, mais somme toute, je considère que cela se déroule bien.
Karine Lamarche
Technicienne en loisirs, école secondaire des Lacs
En tant que technicienne en loisirs à l’école secondaire des lacs, je trouve que l’adaptation par les élèves de la mesure visant l’interdiction des cellulaires et des appareils électroniques est très positive. J’ai pu observer des bienfaits incroyables dans notre établissement.
Les jeunes sont beaucoup plus en communication entre eux. Ils passent plus de temps à discuter en personne, ce qui améliore leurs relations sociales. De plus, j’ai remarqué qu’il y a une participation beaucoup plus élevée dans les activités parascolaires, les élèves semblent plus engagés et intéressés par ce qui se passe autour d’eux.
Je pense que cette mesure est bénéfique pour leur développement personnel et social. Cela crée un environnement d’apprentissage plus collaboratif et moins distrayant. En somme, je considère que cette interdiction est une bonne chose pour nos élèves.
Stéphane Desjardins
Directeur, École secondaire Des Lacs
Afin de répondre à votre question, dans un premier temps, je considère que les élèves se sont bien adaptés à la nouvelle règle qui est de ne pas « utiliser/consulter » leur cellulaire dans l’école et ce avant 15h05. En effet, nous avons dû confisquer un cellulaire à 42 reprises depuis le début de l’année et ce lors des 46 premiers jours du calendrier scolaire. C’est relativement peu et le tout se gère bien. Cependant, dans un deuxième temps, je considère que les élèves ne se sont pas bien adaptés à la nouvelle situation car ceux-ci préfèrent sortir de l’école afin d’utiliser leur cellulaire lors des temps de pause.
