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- Audrey Tremblay | atremblay2@lenouvelliste.qc.ca -
Mots des maires et leurs coups de cœur!
Pierre Pacarar,
maire de La Tuque
«Il faut travailler avec les entrepreneurs pour se faire connaître et qu’ils aient le goût de venir ici au lieu d’aller ailleurs. Il y a des places où c’est long et pénible, pas ici. Quand ils arrivent ici, l’après-midi même on les rencontre avec la Ville, l’urbanisme, les gens de développement économique, on s’assoit tous ensemble et on discute. Ces discussions-là s’entament tout de suite. On sait qu’on a la machine pour le faire»
La Tuque entame un nouveau chapitre
En poste depuis quelques semaines seulement, le nouveau maire de La Tuque, Pierre Pacarar, a rapidement apprivoisé ses nouvelles fonctions et collabore activement avec sa nouvelle équipe. Au courant de la prochaine année, il mise assurément sur une gestion rigoureuse en raison du contexte, mais également sur le développement et la diversification économique de la ville .
«La Tuque, c’est une ville résiliente. On a plein de belles choses. On a des gens qui tiennent à leur ville, qui tiennent à leur milieu. On va passer une période un peu plus difficile, mais pendant ce temps-là on va continuer à travailler pour que les choses s’améliorent et j’ai bon espoir qu’on va voir les fruits de ça assez rapidement. Il faut voir les choses de façon positive», lance le premier magistrat.
S’il y a des actions qui devront être posées rapidement en ce début de mandat, ce ne sont certainement pas celles qu’avaient envisagées M. Pacarar.
«Ce dont on se rend compte, c’est que l’échiquier qui était présent, même quand moi je suis parti [de mon poste de directeur général], a changé. C’est clair que ça va être beaucoup plus difficile au niveau budgétaire. Il n’y a aucun doute. Je le savais que ça s’en venait, mais je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite», souligne-t-il.
Le nouveau maire constate déjà des retards de certains programmes, des sommes qui ne se libèrent pas comme prévu et des aides financières réduites des gouvernements. Même si le portrait complet n’est pas encore connu, on sait déjà qu’il y aura des impacts budgétaires pour la municipalité.
«On travaille encore sur le budget, mais on voit déjà un changement de cap. On ne pourra tout simplement pas bâtir sur ce qui s’est fait dans le passé», affirme-t-il.
On entend tout faire pour ne pas toucher au taux de taxation, une promesse souvent répétée durant la campagne électorale.
«J’ai dit très clairement en campagne que je voulais une ville dynamique. Il n’est pas question d’avoir une ville où il ne se passe rien, pas du tout. Les citoyens me l’ont dit, je l’ai bien entendu et je l’ai répété, on ne veut pas toucher au taux de taxation. Donc, on va avoir des choix à faire.»
«Évidemment, avec ça, il va y avoir des décisions au niveau du plan triennal d’investissements […] Les gens ne seront pas surpris de cette réalité-là qu’on voit un peu partout. On est dans une crise forestière, on n’est pas dans une période faste où l’argent rentre de partout et que ça va bien en ville. C’est difficile, on le sent», ajoute-t-il.
Il faudra par ailleurs attendre l’an prochain pour voir un premier budget totalement aux couleurs du nouveau conseil qui n’aura eu que quelques semaines pour ficeler celui de 2026.
S’il y a une chose qui lui tient à cœur, c’est que cette période difficile ne freine absolument pas «l’élan actuel», insiste Pierre Pacarar.
«L’élan qu’on a présentement c’est qu’on commence à avoir un début de développement domiciliaire, il faut continuer. Il faut aboutir à plus de projets, on n’a pas le choix. Hydro-Québec va continuer ses plans d’investissement et il faut profiter du fait qu’on a l’opportunité d’ajouter des logements. Il y a un travail à faire».
En parallèle, il juge essentiel de poursuivre la diversification économique. Il martèle qu’il faut attirer des entreprises complémentaires à l’industrie forestière et qui pourraient permettre de relancer la croissance de La Tuque. Pour le maire, c’est primordial.
«On prend le bâton du conseil précédent et on va faire nos efforts à nous pour qu’il puisse y avoir cette diversification-là pour que de jeunes familles viennent ici. On a une belle ville», plaide-t-il.
On entend poursuivre le développement du parc industriel, dont le projet phare est celui de Nayad, un élevage de truites arc-en-ciel qui pourrait nécessiter des investissements allant jusqu’à 200 millions de dollars. Toujours à l’étape des études environnementales, le maire de La Tuque soutient que les «indications sont positives».
«On s’attend à encore un an avant d’avoir une réponse finale. La Ville va aider où elle peut aider, mais c’est leur projet. C’est eux qui ont l’expertise. On espère qu’à l’automne prochain, ils soient dans une position de commencer à faire des travaux pour l’implantation de la première phase. Pour la Ville, il y aura des travaux au niveau de l’aqueduc», explique-t-il.
«C’est certain que pour l’approbation du ministère de l’Environnement, on ne peut pas présumer qu’ils vont dire que tout est beau, mais le projet est bien ficelé. Je serais très surpris qu’on ait des réponses négatives», note M. Pacarar.
D’autres projets pourraient également voir le jour dans le parc industriel, mais impossible d’en parler pour le moment selon le maire. Ce dernier est catégorique, la Ville fait son possible pour attirer des investissements; le conseil est ouvert, accueillant et la prise en charge est extrêmement rapide.
«Il faut travailler avec les entrepreneurs pour se faire connaître et qu’ils aient le goût de venir ici au lieu d’aller ailleurs. Il y a des places où c’est long et pénible, pas ici. Quand ils arrivent ici, l’après-midi même on les rencontre avec la Ville, l’urbanisme, les gens de développement économique, on s’assoit tous ensemble et on discute. Ces discussions-là s’entament tout de suite. On sait qu’on a la machine pour le faire», insiste M. Pacarar.
Son objectif au bout de son premier mandat est clair: avoir une ville en croissance tant au niveau démographique qu’économique.
Éducation
La nouvelle équipe d’élus municipaux qui vient d’entrer en poste entend bien garder un œil sur la précarité du Centre d'études collégiales (CEC) La Tuque qui enregistre une diminution de sa fréquentation depuis quelques années.
Le maire réaffirme que le dossier est parmi les priorités et que la Ville travaille étroitement avec les partenaires. Fermer une institution qui se bat pour rester en place dans la communauté serait impensable pour le conseil. Il rappelle d’ailleurs qu’une ville dynamique ne peut pas se permettre de perdre ce service essentiel.
Santé
Pierre Pacarar n’a pas tardé à entamer des discussions avec le CIUSSS, comme il l’avait promis au groupe de citoyens engagés qui se battent pour les services de santé à La Tuque. L’objectif est fort simple: avoir un plan pour ramener les services perdus au fil du temps. On est lucide à savoir qu’il n’y aura pas de neurochirurgie à l’hôpital de La Tuque, mais ce qui a été perdu «par manque de ressources internes et potentiellement, par un manque de gouvernance interne» doit revenir.
«On a une oreille attentive au niveau du CIUSSS et on va travailler en partenariat. On veut un plan qui va vers une finalité qui fait en sorte qu’on retrouve nos services. Il y a une volonté. Il faut juste se parler et voir comment on peut faire pour y arriver», a-t-il conclu.
Les recommandations du maire
- Pour s’en mettre plein la vue: une visite au Parc des chutes
- Pour sortir des sentiers battus: une virée à Base radar Parent
- Pour décrocher: se retrouver sur n’importe quel plan d’eau du territoire
- Pour les épicuriens : essayer un des nombreux restaurants de La Tuque et une dégustation de produits locaux de la Haute-Mauricie
Parc des chutes
- Crédit photo : Archives Le Nouvelliste
Base radar situé à Parent
Michel Sylvain,
maire de La Bostonnais
«Le conseil doit avoir une vision claire de ce qu’il veut. On n’est pas rendu là, mais on va travailler là-dessus. […] Je veux des services bien orchestrés. Ce que l’on va faire, il faut le faire dans l’intérêt des citoyens pour que ce soit ce qu’ils veulent et non ce que l’on veut nous»
Développement et travail d’équipe, les priorités du maire de La Bostonnais
De retour aux commandes de la petite municipalité de La Bostonnais, Michel Sylvain souhaite amorcer son nouveau mandat dans un esprit d’unité, d’écoute et de cohésion. Ses priorités? Favoriser le développement local, assurer une saine gestion, garantir une transparence, mais également miser sur le travail d’équipe.
«On est en plein développement. Il y a plusieurs maisons qui sont en construction et il y a deux gros projets avec des lots complets en développement. Il y a des terrains de vendus déjà […] Il y a un engouement et ça fait bien notre affaire», lance Michel Sylvain.
Des jeunes, des familles, des travailleurs… pourquoi choisissent-ils La Bostonnais? C’est simple, selon le maire : ils cherchent le grand air, l’espace et la tranquillité. Le télétravail offre désormais plus de possibilités pour ceux qui choisissent les régions. Ils sont les bienvenus dans cette municipalité de 600 âmes.
«C’est pas mal mieux que d’être entre des murs de ciment», fait remarquer M. Sylvain.
Celui qui avait quitté ses fonctions en 2020 pour des raisons personnelles s’est présenté à nouveau aux élections, par passion. Il voulait mettre ses connaissances à profit.
Dès la première rencontre avec le nouveau conseil, le maire a senti une envie d’avancer, de faire de beaux projets et d’assurer une plus grande transparence avec les citoyens.
«On veut ramener la confiance. Je ne dis pas qu’elle était complètement perdue, mais on s’en va vers quelque chose de nouveau. On veut avancer», souligne-t-il.
«Le conseil doit avoir une vision claire de ce qu’il veut. On n’est pas rendu là, mais on va travailler là-dessus. […] Je veux des services bien orchestrés. Ce que l’on va faire, il faut le faire dans l’intérêt des citoyens pour que ce soit ce qu’ils veulent et non ce que l’on veut nous», insiste le premier magistrat.
La saine gestion sera également au cœur des priorités pour les prochaines années. On veut tourner la page sur un épisode peu reluisant qui avait nécessité l’intervention de la Commission municipale du Québec (CMQ). On avait reproché un «cas grave de mauvaise gestion». Il faut dire que l’incendie de l’hôtel de ville a fait «perdre beaucoup d’information» et a causé bien des maux de tête dans les dernières années.
«Ç’a été quatre ans de vache maigre qui auraient pu couler la municipalité […] Il y avait des problèmes, les rapports financiers étaient en retard, mais ce sera maintenant chose du passé», constate-t-il, soulignant au passage tout le travail qui a été effectué par les employés pour redresser la situation.
«Les gens de la CMQ sont venus ici, mais ils n’ont pas tout fait. Ils sont venus aider, mais ce n’était pas une tutelle», rappelle-t-il.
Avec l’aide du conseil, Michel Sylvain souhaite reprendre le contrôle du bateau et aller de l’avant. Le nouveau maire entend également miser sur la formation des employés et une meilleure organisation du travail, il veut «ramener tout ça dans les normes».
«On veut que la structure soit solide pour du long terme. Depuis le feu, il n’y a pas eu beaucoup de structure», note-t-il.
Village-relais
S’il y a un projet que le maire de La Bostonnais voudrait réaliser, c’est celui de voir sa municipalité devenir un village-relais.
«J’y tiens! […] Pour ça, il faut développer les services. C’est un rêve de voir ça sans défaire le visage de la municipalité. On a aussi un terrain disponible de l’autre côté de l’église.»
Pour être reconnu comme un Village-relais par le ministère des Transports et de la Mobilité durable, il faut être une municipalité de moins de 10 000 habitants et offrir, «avec l’aide de ses commerçants, une diversité de services et un lieu d’arrêt agréable et sécuritaire».
Élections à venir
Un poste de conseiller est toujours vacant au sein du conseil municipal. Des élections auront lieu le 18 janvier et un vote par anticipation le 11 janvier 2026. Les citoyens qui souhaiteraient poser leur candidature pourront le faire jusqu’au 19 décembre.
Les recommandations du maire
- Pour s’en mettre plein la vue: les deux ponts couverts
- Pour sortir des sentiers battus: une expérience au Domaine Notcimik
- Pour décrocher: le parc Ducharme
- Pour les épicuriens: un pique-nique en pleine nature
Domaine Notcimik
Annic Bouchard,
mairesse Lac-Édouard
«J’aimerais que tous les citoyens se sentent à leur place, qu’ils soient fiers et que nous demeurions autonomes»
Lac-Édouard: nouvelle mairesse, nouvelle vision
La nouvelle mairesse de Lac-Édouard entame son mandat avec beaucoup d’enthousiasme, prête à prendre les rênes de cette petite municipalité de quelque 200 âmes. Assumer ce nouveau rôle, reconnaît-elle, la force à sortir de sa zone de confort, un défi stimulant qu’elle entend bien relever avec toute son équipe.
«Je suis intense quand je fais quelque chose», affirme Annic Bouchard.
Elle souhaite maintenant mettre cette intensité au service de plusieurs objectifs: poursuivre une saine gestion de la municipalité, renforcer la vie communautaire, protéger l’environnement qui fait la fierté de Lac-Édouard, stimuler le tourisme, soutenir les entreprises locales et offrir plus d’activités pour garder et attirer les jeunes.
La femme de 51 ans insiste d’ailleurs sur le dynamisme local. La nouvelle mairesse veut miser sur la force de la communauté: s’entraider, se rencontrer, se parler, faire des activités... Pour elle, chaque échange devient une occasion de tisser des liens, mais aussi d’identifier les failles et de trouver des solutions concrètes.
Pas question pour Annic Bouchard de chausser les souliers de l’ancien maire Larry Bernier qui a beaucoup donné pour la municipalité. Elle enfile plutôt ses propres talons hauts pour poursuivre le développement de Lac-Édouard et aller de l’avant avec différents projets.
Dans un esprit de continuité, elle entend remettre son salaire à des organismes locaux durant son mandat, tout comme l’a fait son prédécesseur pendant 20 ans.
«Je trouve que c’est une idée géniale et je vais continuer dans la même lancée», assure-t-elle.
Pour le moment la Coopérative de solidarité, la P'tite École de Lac-Édouard, et les sentiers d'A.D.E.L.E. (Association du Développement Écologique du lac Édouard) se partageront le montant.
Nouvellement élue, Annic Bouchard sait qu’elle peut compter sur l’ancien maire qui ne sera jamais bien loin si elle a besoin d’aide. C’est un peu lui d’ailleurs qui lui a donné envie de faire de la politique et qui l’a poussée à se lancer dans la course à sa succession.
«Il voyait plein de belles choses en moi et il m’a sortie de ma zone de confort. C’était vraiment une belle marque de confiance», rapporte-t-elle.
Ses objectifs d’ici quatre ans? Travailler avec Hydro-Québec pour un meilleur réseau électrique et diminuer le nombre de pannes, développer le tourisme en lien avec l’histoire du lac Édouard et ses paysages, travailler sur des logements à prix modiques et des logements pour aînés.
«Les personnes âgées qui doivent vendre leur maison parce qu’elles ne sont plus capables de l’entretenir, elles ont quand même envie de rester à Lac-Édouard. On veut essayer de faire quelque chose dans ce sens-là», note-t-elle.
Pour tous ces dossiers, elle souhaite avant tout travailler en équipe et en toute transparence. Elle entend d’ailleurs poursuivre les communications via les bulletins mensuels du Tour du Lac, que ce soit pour expliquer le budget ou encore pour expliquer le travail des conseillers.
«J’aimerais que tous les citoyens se sentent à leur place, qu’ils soient fiers et que nous demeurions autonomes», résume-t-elle.
Du Domaine Lac-Édouard à la P'tite École en passant par la Coopérative de solidarité, tous les services sont importants dans cette petite communauté qui voit sa population doubler, tripler et même quadrupler selon les saisons et l’affluence des villégiateurs.
D’ici là, c’est le budget qui retiendra l’attention des élus qui planchent actuellement sur le document.
Les recommandations de la mairesse:
- Pour s’en mettre plein la vue: le Lac-Édouard lui-même
- Pour sortir des sentiers battus: l’expérience du Triton
- Pour décrocher: les sentiers d'A.D.E.L.E.
- Pour les épicuriens: découvrir les champignons du Lac-Édouard avec Lorraine Hallé
- Crédit photo : Archives Le Nouvelliste
La Seigneurie du Triton, auberge forestière dans la municipalité du Lac-Édouard
- Crédit photo : Archives Le Nouvelliste
Les champignons du Lac-Édouard

