MARIE-KARLYNN LAFLAMME
LA DÉPUTÉE
AU MANDAT ÉCLAIR
JULIETTE NADEAU-BESSE
jnbesse@lesoleil.com
Février 2026, Marie-Karlynn Laflamme est élue dans Chicoutimi. Elle fait alors son entrée à l’Assemblée nationale du Québec alors que tous les partis s’apprêtent à se lancer en campagne électorale. Le Soleil a rencontré la députée lors de son assermentation et à la fin de la session parlementaire pour dresser le portrait d’une élue au mandat atypique.
23 FÉVRIER 2026
LE GRAND JOUR
Ce lundi soir d’hiver à Chicoutimi, la ville tourne au bleu à l’élection partielle d’un poste laissé vacant par l’ex-ministre caquiste Andrée Laforest. C’est le retour du Parti québécois au Saguenay-Lac-Saint-Jean avec l’élection de Marie-Karlynn Laflamme, qui devient la septième députée péquiste.
Fraîchement élue après quatre mois de campagne, Marie-Karlynn Laflamme s’apprête à servir pendant trois mois au Parlement de Québec, avant de tout devoir recommencer pour l’élection générale.
HAPPÉE PAR
L'HISTOIRE
3 mars, jour d’assermentation à l’Assemblée nationale: lors de cette cérémonie, Marie-Karlynn Laflamme prête serment et obtient son titre officiel de députée. Pour cette occasion qui a des airs de mariage et de graduation — comme le soulignait son chef, Paul Saint-Pierre Plamondon —, la famille et les proches de Marie-Karlynn sont rassemblés à Québec.
«Ça nous rend très humbles d'avoir une fonction comme celle-là. Quand on rentre ici, on est happé par l'Histoire. De dire: “Je suis un maillon de cette histoire-là, de la construction du Québec”.»
Et en trame de fond de cette émotion, la nouvelle élue ne peut s’empêcher de penser au projet d’indépendance du Québec, qu’elle contribue à rendre bien réel. «Le défi est enivrant», s'émeut-elle dans son nouveau bureau.
LE CALME
AVANT LA
TEMPÊTE
L’émotion est à son comble pour la pétillante Chicoutimienne qui reçoit Le Soleil dans son bureau tout neuf. La pièce du troisième étage du Parlement est encore presque vide, Marie-Karlynn Laflamme n’a même pas encore essayé son propre canapé.
Les murs sont dégarnis, le bureau exempt de matériel. On n’y trouve que quelques papiers, et la médaille symbolique que reçoivent les députés lors de leur assermentation. Pour la nouvelle députée péquiste, c’est le calme avant la tempête. Dans les premiers jours de mars, l’Assemblée nationale est presque déserte pour la relâche parlementaire. Mais s'enchaîneront ensuite des semaines intenses où la nouvelle élue apprendra sa tâche à vitesse grand V.
L’assermentation, ça va demeurer un moment magique. Quand les portes de la chambre s'ouvrent dans un premier temps et que tu réalises que tu es dans quelque chose de bien plus grand que toi-même, c'est touchant.
LA FAMILLE,
UN PILIER
Lors de son assermentation, la grande famille reconstituée de Marie-Karlynn occupe toute la première rangée. Son conjoint Marc, ses deux grands enfants de 18 et 21 ans, son plus jeune de 12 ans, adopté des Philippines, et les deux enfants adultes de son conjoint. Ses parents, frères et sœurs aussi, dont elle est très proche.
La politique demande un sacrifice pour toute la famille, particulièrement pour les enfants obligés de «prêter» leur maman au Parlement quelques jours par semaine. «Toute la famille doit se retrousser les manches.»
Je pense que les enfants, ça leur fait peur. Il faut qu'ils acceptent que ce défi-là est plus grand que notre famille, qu'il est plus grand que nous-mêmes. C'est très touchant.
17 MARS 2026
PREMIÈRE
PRÉSENCE
EN CHAMBRE
Lorsqu’un nouvel élu arrive en cours de mandat, il a droit à un accueil personnalisé de la part de tous les chefs de partis, qui tiennent un discours pour souligner son arrivée. Cette première journée en chambre reste un moment particulièrement humain et marquant dans le parcours politique de Marie-Karlynn Laflamme.
Assemblée nationale de Québec
Assemblée nationale de Québec
CE QUI
L'A MENÉE
EN POLITIQUE
Au fil des discours et des entrevues avec Marie-Karlynn Laflamme, un sujet ressort toujours: les régions. La gestionnaire a fait le saut en politique par amour pour les régions du Québec, la sienne avant tout. Et avec le Parti québécois, parce que le souhait de voir le Québec devenir un pays donne un sens à son engagement politique.
Autoproclamée «vraie fille de région», la députée de Chicoutimi a gardé le cap au fil des mois sur sa volonté de décentraliser la politique. Sa motivation inébranlable la pousse à croire que c’est possible d’y arriver.
«Je me suis dit: “Il faut arrêter d'être cynique par rapport à la politique. Il faut réaliser qu'on peut réellement faire la différence. Et pour la faire, il faut être assis ici à l'Assemblée nationale”.»
Il faut ce moteur-là, parce que je sais que quand je laisse mon petit bonhomme en arrière, il faut qu'il y ait une bonne raison.
LA LUTTE
POUR SE
DÉFOULER
Où peut-on trouver Marie-Karlynn un vendredi soir pour décrocher et mettre le cerveau à off? Devant un match de lutte avec son groupe d’amis. Chez Marie-Karlynn, le WrestleMania remplace le Super Bowl!
«La lutte, c'est vraiment toute une analyse sociale. En même temps, c'est une pièce de théâtre qu'on construit avec ce qui se passe en avant. Pour se vider la tête, c’est extraordinaire!»
Et l’été, les vacances se passent en vanlife avec son conjoint. Voilà la meilleure façon de parcourir le Québec: en s’arrêtant un peu partout sur la route.
5 JUIN 2026
TROIS MOIS
PLUS TARD
La session parlementaire tire à sa fin. C’est le blitz final, et pendant cette période intensive, les élus sont appelés à siéger même le vendredi. Marie-Karlynn Laflamme tient un point de presse pour déposer un projet de loi. La députée de l’opposition sait bien qu’il ne sera pas débattu en chambre dans les derniers jours de la session, mais garde confiance qu’elle aura la chance d’y revenir à l’automne. Rien ne freine l’optimisme de la recrue péquiste.
Il faut être patient, il faut savoir où on s'en va, il faut travailler avec les gens qui nous appuient. Mais on peut vraiment orienter le Québec pour l'améliorer.
Caroline Grégoire/Le Soleil
Caroline Grégoire/Le Soleil
Caroline Grégoire/Le Soleil
Caroline Grégoire/Le Soleil
Caroline Grégoire/Le Soleil
Caroline Grégoire/Le Soleil
APPRENDRE
À LA VITESSE
GRAND V
La vie de député, «c'est vraiment trois vies», illustre Marie-Karlynn Laflamme. La vie parlementaire, à Québec. La vie en circonscription, à Chicoutimi. Et la vie partisane, en marge des deux autres.
Au terme d’un mandat où elle aura siégé un total de 26 jours de travaux parlementaires, Marie-Karlynn Laflamme aura appris sa nouvelle fonction à la vitesse de l’éclair. Entourée de ses six collègues élus et d’une poignée d’employés de l’aile parlementaire, la recrue a vite appris les rouages du parlement.
Je n'ai même pas eu le luxe d’être stressée.
LOIN DU
CYNISME
Après son bref mandat, Marie-Karlynn Laflamme n’a pas du tout déchanté de la politique. Au contraire. Son sourire est toujours aussi éclatant, et sa motivation intacte. Après trois mois dans la troisième opposition, la députée n’a pas cédé au cynisme et continue d’être convaincue que la politique est un vecteur de changement.
«J'espère qu'on sera capable de trouver au Québec une façon de diminuer le cynisme. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui, je pense, ne saisissent pas exactement les concessions, notamment familiales, que font les députés. Mais à la base, tout le monde est venu [en politique] avec le même désir, et c'est celui d'améliorer le Québec.»
LA CAMPAGNE
SANS FIN
Alors que la saison des festivals, des épluchettes de blé d’inde et des marchés publics approche, l’heure est arrivée pour Marie-Karlynn de rentrer à Chicoutimi pour l’été. Et de recommencer une campagne électorale. «Je vais être la députée la plus préparée au monde! Ça fait un an que je me prépare», éclate-t-elle de rire en entrevue. «Vraiment, je vais avoir tout donné, je vous le jure!»
Cette fois, la campagne se fera en été plutôt que dans le froid de février, et tout le Québec devra se rendre aux urnes. La candidate pourra compter sur les collègues qui se présentent dans les circonscriptions voisines pour faire équipe, et évidemment sur sa famille.
«Ça va être un bel été», conclut la députée, avec la même énergie qu’elle avait au jour un de son mandat.
Design graphique
Pascale Chayer, Le Soleil
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