Michael Woods aux Jeux, pour une troisième et dernière fois

À Paris, Michael Woods pourrait devenir le troisième cycliste canadien de l’histoire à remporter une médaille olympique durant une épreuve sur route. Il bouclerait ainsi de belle façon une carrière un peu improbable.

Woods a déjà pris sa décision. Il accrochera très bientôt son guidon. Après les Jeux olympiques, il ne reste que les Championnats mondiaux et La Vuelta en Espagne à son calendrier.
«Ma famille et moi allons revenir en Outaouais plusieurs fois dans les prochaines années, soutient Michael Woods. J’espère que nous pourrons rester ici pendant toute l’année, mais ça dépend de ce que je ferai après la retraite.»

Les Jeux olympiques de Paris sont parmi les dernières compétitions de Michael Woods qui met bientôt fin à une longue et prodigieuse carrière de cycliste sur route commencée... dans la mi-vingtaine! (Photo Le Droit, Patrick Woodbury)
Les Jeux olympiques de Paris sont parmi les dernières compétitions de Michael Woods qui met bientôt fin à une longue et prodigieuse carrière de cycliste sur route commencée... dans la mi-vingtaine! (Photo Le Droit, Patrick Woodbury)
On parle d’une carrière improbable dans son cas, puisqu’il était dans la mi-vingtaine lorsqu’il s’est lancé dans le cyclisme compétitif.
Avant le vélo, l’athlète originaire d’Ottawa — résident de Chelsea en Outaouais depuis plusieurs années — établissait des records canadiens au demi-fond.
Des blessures répétées au pied gauche l’ont toutefois forcé à renoncer à l’athlétisme. À l’époque, le vélo était une façon de garder la forme pour Woods. Des amis l’ont toutefois poussé vers la compétition, ce qu’il a fait à compter de 2012.
Dès 2013, il est mis sous contrat par l’équipe Garneau-Québecor. À partir de là, Woods n’a fait que grimper les échelons dans sa discipline.

Blessures multiples
Michael Woods n’a pas eu de chance durant sa carrière sportive. Même après l’athlétisme, il a continué de cumuler les blessures.
Parfois, il réussissait à courir malgré ces maux, comme au Tour de France en 2019 où il a terminé dans le top 10 de la 18e étape avec des fractures aux côtes.
(Vidéo Le Droit, Patrick Woodbury)
(Vidéo Le Droit, Patrick Woodbury)
Les blessures l’ont plus souvent contraint à l’abandon, comme ce fût le cas plus tôt cette année au Giro d’Italie.
Dans ce dernier cas, le hasard a toutefois bien fait les choses pour le natif d’Ottawa. Le repos forcé lui a permis d’identifier un problème de santé assez grave.
«Mon estomac n’était pas bien et même après du repos, je me sentais mal, alors j’ai passé plusieurs tests et on a vu que j’avais une infection bactérienne dans mon estomac», raconte Michael Woods.
La bactérie en question est répandue sur le continent africain et se trouve très rarement en Europe. Le cycliste canadien l’a donc presque assurément contracté durant un entraînement en Afrique du Sud en janvier dernier, quelques mois avant que des médecins découvrent ce qui le gênait.
«J’ai pris des antibiotiques et je suis maintenant à 100%. Je me sens complètement différemment que je me sentais avant de passer les tests.»
Il a démontré qu’il était en grande forme à la fin du mois de juin, remportant le Championnat canadien de cyclisme sur route.

Avec et contre Derek
Même si Michael Woods approche la quarantaine — et la retraite —, il est encore en mesure de performer à un très haut niveau.
Pas plus tard que l’année dernière, il est devenu le troisième Canadien de l’histoire à remporter une étape du Tour de France, une victoire concrétisée dans le mythique Puy de Dôme.

Encore l'an dernier, Michael Woods ajoutait de nouveaux exploits à sa longue liste en devenant le troisième Canadien de l'histoire à remporter une étape du Tour de France. (Photo Associated Press)
Encore l'an dernier, Michael Woods ajoutait de nouveaux exploits à sa longue liste en devenant le troisième Canadien de l'histoire à remporter une étape du Tour de France. (Photo Associated Press)
Aux Jeux de Paris, Woods voudra certainement remporter la médaille qui lui a échappé de justesse à Tokyo. Doublé dans les 300 derniers mètres du trajet, il avait dû se contenter d’une cinquième place.
Ironiquement, son coéquipier au sein de l’équipe canadienne sera également une des grandes menaces durant cette compétition.
Derek Gee, lui aussi originaire d’Ottawa, a obtenu une troisième place au Critérium du Dauphiné plus tôt cette année, en plus d’y remporter la troisième étape. Le cycliste de 26 ans a aussi brillé au Giro d’Italie l’an dernier, se méritant trois deuxièmes places et une quatrième place.
«La première course que j’ai gagnée, j’ai battu son père, raconte Michael Woods. J’ai rencontré Derek alors qu’il avait seulement 16 ans. C’est vraiment cool de voir le coureur qu’il était et celui qu’il est maintenant.»
Qui sait, peut-être que la capitale du Canada obtiendra un doublé durant l’épreuve sur route à Paris?
Conception graphique La Tribune, Cynthia Beaulne
