Derrière le maire,
l'homme de
Saint-Césaire
Sylvain Létourneau s’imaginait bien actif à la retraite, profitant de la vie avec sa femme et les siens, voyageant et faisant du sport. La politique municipale n’avait jamais fait partie de ses aspirations. Pourtant, le voilà aujourd’hui maire de Saint-Césaire, animé par la recherche de solutions tangibles pour faire avancer la ville.
S’il a décidé de mettre sa retraite sur pause, le temps d’un mandat à la mairie, c’est parce qu’il ne semblait pas y avoir de relève pour lever le moratoire sur les projets de construction, contrer l’exode et concrétiser enfin le projet de l’aréna, sur lequel il travaille bénévolement depuis des années.
« J’ai tenté de convaincre des plus jeunes, mais ce n’est pas évident quand on est dans la fleur de l’âge, avec des enfants en bas âge et une carrière en pleine expansion », raconte Sylvain Létourneau, qui a connu, lui aussi, une carrière bien remplie au cours de ses 30 ans chez IBM et comme consultant en amélioration continue durant 12 ans.
À ses côtés depuis 40 ans, sa partenaire de vie se doutait qu’il finirait par s’impliquer de lui-même. « Ma Brigitte m’a dit qu’elle savait que ça finirait comme ça », mentionne celui qui est bien conscient des ajustements de vie qu’un mandat en politique représente.
Un gars du coin, avant tout
Natif de Saint-Césaire, Sylvain Létourneau connaît presque tout le monde ici. « Quand un jeune se présente à moi, je ne sais pas toujours qui c’est, mais s’il me donne son nom, il y a de fortes chances que je connaisse les deux générations qui le précèdent », confirme-t-il.
Pour lui, le sens de la famille est essentiel. Il parle avec sensibilité et admiration de ses enfants et petits-enfants, notamment de sa fille qui a récemment traversé un cancer. « Elle a un moral d’acier et une résilience impressionnante », confie-t-il.
Une approche de gestionnaire
Sylvain Létourneau se considère comme « un gars positif qui aime aider et trouver des solutions. » Son parcours dans le secteur privé influence fortement sa manière d’aborder la politique municipale et la gestion. Selon lui, une ville doit être administrée avec rigueur, structure et objectifs clairs.
« Une entreprise privée doit prendre soin de ses clients et de ses employés si elle veut les garder. C’est pareil pour une ville. Les citoyens sont comme des clients : ils paient des taxes, alors ils doivent être bien traités », lance le maire qui croit en l’importance de mettre en place un système de mesure de la qualité des services.
Pour faire de Saint-Césaire un milieu de vie attractif à toutes les étapes de la vie, il souhaite notamment développer une offre de logements adaptée pour les aînés, afin qu’ils puissent rester dans leur communauté. « J’aimerais que les gens n’aient pas à partir ailleurs en vieillissant », dit-il, reconnaissant de voir ses parents encore autonomes à leur âge. En parallèle, il veut maintenir une offre dynamique pour les familles, avec des infrastructures sportives et des services de qualité.
Il compte bien faire aboutir le projet de l’aréna. « On a les appuis et le financement. Il est temps de passer à l’action », se réjouit-il.
Au-delà des chantiers de construction qu’il imagine voir se concrétiser, il défend une vision équilibrée et réfléchie du développement. Il insiste sur l’importance de préserver les terres agricoles, une richesse du territoire.
Sylvain Létourneau se révèle aussi un gars d’équipe, ce n’est pas pour rien qu’il aime jouer au hockey. « Je me suis toujours entouré de gens meilleurs que moi », souligne-t-il. Une philosophie qu’il applique aujourd’hui à l’hôtel de ville, où il s’appuie sur les compétences complémentaires de son conseil pour mieux comprendre et résoudre des enjeux complexes, comme la gestion des eaux ou les infrastructures.
Avec les budgets de plus en plus restreints accordés aux villes, le partage entre municipalités voisines pourrait aussi être une clé d’avenir, selon lui.
Des défis… et du plaisir
Entre l’apprentissage des dossiers, les décisions à prendre et la pression inhérente au rôle de maire, le rythme est soutenu. « C’est bien plus que 40 heures par semaine », admet-il. Néanmoins, le nouveau maire y prend goût et trouve la tâche stimulante.
« Je ne pensais pas aimer ça autant », s’étonne-t-il. Ce qui le motive? La capacité d’agir concrètement, de débloquer des situations et de faire avancer des projets, en équipe.
« Pour chaque problème, il y a nécessairement une solution », pense-t-il. Le pont cyclable actuellement fermé par le ministère des Transports, qui force les cyclistes à passer par la route 112, fait partie des dossiers qu’il souhaite résoudre rapidement. « C’est trop dangereux! Il faut se sortir de cette impasse avec le ministère. Selon un ingénieur consulté, il y aurait moyen de le réparer sans le reconstruire entièrement » affirme Sylvain Létourneau. Parmi les solutions envisagées, l’option d’une passerelle serait à l’étude par le ministère.
Derrière le maire de Saint-Césaire, il y a donc un homme d’action, profondément attaché à sa communauté et déterminé à lui donner un nouvel élan. Les parties de golf devront attendre un peu, car les belles saisons à venir ont de quoi l’occuper pleinement…

