La fermeture de deux entreprises à Saint-Césaire, entraînant la perte d’environ 130 emplois, ne se limite pas aux portes closes des usines. Elle se propage rapidement dans la communauté, jusque dans les bureaux du Centre d’action bénévole, où les demandes explosent déjà.
« On reçoit plus de demandes au niveau de l’aide alimentaire. On voit l’arrivée de gens qui sont sur le chômage et qui ne savent plus vers qui se tourner », explique Nancy Méthé, responsable des ressources humaines au Centre.
Ce phénomène s’ajoute à une pression déjà bien installée. Avant même ces fermetures, la hausse du coût de la vie avait commencé à fragiliser un nombre croissant de ménages. « En deux ans, on voit entre 30 et 40 % d’augmentation de nos demandes », précise-t-elle.
Dans une municipalité de cette taille, l’effet domino est immédiat. Des travailleurs de longue date, parfois sans formation transférable, se retrouvent à devoir réinventer leur trajectoire professionnelle. Certains franchissent la porte du Centre, souvent désorientés. « Je reçois des gens ici qui sont complètement désemparés. Ils viennent voir si j’ai des emplois à offrir », raconte Mme Méthé.
Une équipe à capacité maximale
Face à cette réalité, le Centre d’action bénévole agit comme un point de convergence. Aide alimentaire, soutien à la rentrée scolaire avec Opération Septembre, paiement de repas chauds pour les enfants, friperie à faible coût, accompagnement fiscal pour les ménages à revenus modestes: les services couvrent un large spectre de besoins concrets.
L’organisme joue aussi un rôle moins visible, mais déterminant: celui de passerelle vers l’emploi. Grâce à des subventions salariales, il propose des parcours d’intégration de 30 semaines permettant à des travailleurs de développer de nouvelles compétences. « Ils n’ont pas la pression d’arriver dans un nouveau milieu et d’être dans la performance. On est vraiment dans les compétences à développer à leur rythme », souligne Mme Méthé.
Ce modèle exige toutefois un accompagnement soutenu. Et c’est là que ça coince. L’équipe en place n’a pas grandi, alors que le volume de demandes, lui, a bondi. « L’équipe employée est restée la même, mais la demande, elle, ne cesse d’augmenter. C’est énorme, on est sous pression », insiste-t-elle.
La pression, justement, elle se fait sentir jusque dans des services auxquels on pense moins spontanément. La production de rapports d’impôt, par exemple, connaît une hausse marquée, plusieurs ménages n’ayant plus les moyens de recourir à des services professionnels. Les demandes de référencement vers d’autres organismes augmentent aussi, tout comme les besoins liés à la santé mentale ou à l’intégration sociale.
Dans ce contexte, le Centre lance un appel à la communauté. Le besoin de bénévoles devient critique, que ce soit pour répondre aux appels, préparer les denrées ou soutenir les opérations quotidiennes. « Même une heure par semaine, ça peut faire toute la différence », rappelle Mme Méthé.
Au-delà de l’engagement bénévole, les dons, qu’ils soient financiers ou en denrées, contribuent directement à garder les services accessibles. L’organisme tente également de diversifier ses sources de financement, notamment en sollicitant des contributions du secteur privé pour soutenir ses activités à moyen terme.
Dans une communauté où peu d’organismes sont présents, le Centre d’action bénévole se retrouve en première ligne, souvent le premier point de contact pour des citoyens en situation précaire. Cette proximité, précieuse, vient aussi avec la responsabilité accrue de répondre, avec des moyens limités, à une demande qui ne cesse de croître.
